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Le grand tremblement de terre

Arrivé à Sarajevo en fin d’après-midi, un dimanche. Soirée sans histoire.

Le lendemain, j’ai fait quelques appels, puis j’ai fait ce qu’il faut faire à chaque fois qu’on arrive à Sarajevo… j’ai marché la ville de long en large, d’un côté et de l’autre de la rivière Miljacka, pour voir ce qui avait changé et ce qui ne l’avait pas.

Il y avait les amateurs d’échec, toujours au même poste. À commenter les coups des joueurs.

Le Dnevni Avaz – probablement le seul quotidien en Occident qui s’est payé de nouveaux édifices dans la dernière année – est sur le point d’emménager dans sa nouvelle tour, qui fait ombrage, tel un immense finger, sur toute la ville.

Sans oublier tous ces cafés branchés, qui en un an, ont tous subi une cure de rajeunissement qui n’était pas vraiment nécessaire (oui, tous). Surtout quand on voit tous ces édifices qui auraient tant besoin d’un facelift.

La nuit avant mon départ, vers les 4h du matin, le silence de ma pension a été interrompu par un bruit et des vibrations intenses, qui ont duré plusieurs minutes. Un moment, j’ai cru qu’il y avait la guerre de nouveau. Mais d’où est-ce que ça provenait? Mystère. Je voyais déjà mon édifice s’écrouler, me forçant à m’extirper par la fenêtre ou les escaliers. Mais ma chambre, située dans le grenier, n’offrait pas vraiment de protection. Les tremblements ont arrêté, et je suis sorti dehors, tout comme une dizaine de Bosniaques à l’œil endormi, à demander ce qui se passait. L’air inquiet, mais pas trop. Ces gens-là ont vu pire. Après une quinzaine de minutes, je suis remonté me coucher, rassuré (un peu) par l’idée que ces vieilles maisons ont passé à travers trois ans de siège sans trop souffrir.

Le lendemain, on apprenait que c’était un tremblement de terre. Niveau six… sur l’échelle Mercalli. L’épicentre était à 16 kilomètres de Sarajevo.

Cette nuit-là, j’ai d'ailleurs eu une révélation : franchement, l’Irak et l’Afghanistan, très peu pour moi. Je laisse ça à d’autres.

Posted on Wednesday, April 1, 2009 at 10:38 by Registered CommenterFrancis Plourde | Comments3 Comments

Reader Comments (3)

Ah! Sarajevo! Tu prendras quelques cafés bosniaques à ma santé! Il faut absolument que je te prête le livre du gars qui était en Bosnie avec les unités d'élite canadiennes...

Wed, April 1, 2009 | Unregistered CommenterYves Plourde

Yep, au printemps, c'est très différent comme feeling. Mais pas de café pour moi. Plutôt une bonne Sarajevsko lorsque j'y retournerai.

C'est bon pour le livre. Je suis en train de lire Kosova Express en ce moment. Un récit assez intéressant d'un journaliste britannique et de la collusion entre le gouvernement serbe et le bureau des affaires étrangères britannique.

Thu, April 2, 2009 | Unregistered CommenterFrancis Plourde

Cool! On echange nos livres dans ce cas! Et je te preterai aussi le livre Sarajevo, Mon amour, ecrit par le mec en charge de la defense de la ville pendant le siege.

Thu, April 9, 2009 | Unregistered CommenterYves Plourde

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