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Voir Buena Vista à Mitrovica

C’était censé être l’événement de l’année à Mitrovica, ville divisée entre Serbes et Albanais, et dont le futur est plus qu’incertain.

Dans les jours précédant le concert, la fièvre de Buena Vista Social Club avait monté de plusieurs crans à travers le pays. Si bien qu’il fallait user de contacts pour se procurer des billets pour le célèbre groupe, nommé d’après le non moins célèbre club situé en banlieue de La Havane.

D’ailleurs, un peu partout dans les Balkans, les gens sont fous de Buena Vista Social Club, de Che et de Cuba. Qu’on soit à Skopje, à Pristina ou au lac d’Ohrid, c’est toujours le groupe de l’heure. Celui qui, pour le meilleur ou pour le pire, accompagnera nos soupers ou nos soirées.

Il n’était donc pas surprenant de voir l’engouement autour du spectacle La Pasion de Buena Vista, qui ait sa pub à partir du groupe original. Tensions entre Albanais et Serbes obligent, l’alcool ne coulait pas à flot, et la sécurité était au maximum.

Pour l’étranger un peu intello, plutôt progressif (et disons-le franchement, un peu snobinard), voir Buena Vista à Mitrovica, c’est à ne pas manquer. C’est plus gros encore que de voir les Cowboys Fringants à Vancouver. Ou Paul McCartney sur les Plaines.

Sauf que… ce n’était pas tout à fait le Buena Vista qu’on attendait. C’était cubain (ça c’est sûr), le groupe comprenait des membres de Buena Vista Social Club (ça aussi, c’est confirmé), mais il manquait quelque chose.

L’autorité et la candeur d’ Ibrahim Ferrer qui n’y étaient pas? Ou était-ce les costumes un peu bling bling de la troupe, ses cuivres trop puissants et ses animations plutôt douteuses?

C’est sûr, la magie de BVSC n’y était pas. Mais une chose était aussi certaine : Buena Vista, à Mitrovica, c’était, pour de nombreux Kosovars, l’occasion de rêver un peu, et, pour quelques heures, de voyager. Loin du Kosovo, de ses pannes d’électricité, de son misérabilisme, et de son futur incertain.

Et pour preuve, partout dans la salle, dispersées à gauche et à droite, des connaissances, qui me donnaient l’impression, dans cette ville plutôt étrange, que j’étais à la maison.

Posted on Thursday, April 16, 2009 at 10:30 by Registered CommenterFrancis Plourde | CommentsPost a Comment

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