Oh, Aline…
Grimpé, samedi, les collines du canyon de Matka, un lac artificiel à quelques kilomètres de Skopje. Un sentier de plusieurs kilomètres de long, à flanc de montagne, qui prend parfois des allures de pèlerinage tant le chemin est étroit et tant la montagne est haute.
Pour se rendre au lac Matka, il faut prendre un taxi à partir du centre-ville, et planifier son retour à l’avance. Rien de tel que quelques signes de montre à la main, un bout de papier et une poignée de main pour sceller une entente gagnant-gagnant avec son chauffeur de taxi. Blagodaram.
Néanmoins, il s’agissait là d’une bonne façon de purger mes poumons de l’air vicié et poussiéreux de Skopje. Ici, pas de Bikram yoga pour libérer les toxines de son corps, mettons.
En revenant en ville, mon chauffeur et moi avons tenté d’engager la conversation. Lui en allemand, moi en anglais. Après quelques minutes, il a cru comprendre que j’étais Britannique. C’est correct. Moi j’ai compris qu’il était fan des Nordiques de Québec et contre la chasse aux phoques, alors...
Je ne l’ai pas corrigé. Un pieux mensonge de touriste, d’étranger en dehors de son milieu naturel, comme ça arrive bien souvent. Un mensonge qui, en temps normal, serait passé inaperçu. Jusqu’à ce que la radio se mette à jouer des tubes de Brel en macédonien, et qu’Adamo commence à crier pour qu’Aline revienne.
Et tout ça, au beau milieu de la campagne macédonienne…
Sans m’en rendre compte mes lèvres se sont mises à fredonner «et j’ai dessiné, sur le sâââble… sur le rivage… son beau visageu…»
Comment on dit déjà? Busted? C'est ça?
Et par Aline, en plus.
«Et j’ai pleuré… pleuré-é oh, j’avais (pam pam pam) trooop de peine….»






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